A propos

Historique

L’urbanisation croit rapidement dans de nombreux pays, dépassant la capacité des administrations à fournir des services appropriés pour leurs administrés notamment dans les pays du Sud. La situation est d’avantage préoccupante dans les pays de l’Afrique Subsaharienne, où il est prévu que se produise l’essentiel de la croissance et où, selon la Banque Mondiale, est signalé le taux le plus rapide en termes de croissance de la population urbaine. Cette urbanisation rapide est caractérisée par une forte proportion de pauvres urbains et une absence de politiques visant à relever les défis sociaux et économiques qu’ils rencontrent. L’urbanisation affecte tous les aspects du système alimentaire – de la manière dont sont produits et vendus les aliments à la manière dont ils sont transformés, consommés, recyclés ou gaspillés. Les aspects spécifiques de la sécurité alimentaire applicables au contexte urbain comprennent la nécessité d’acheter la plupart des aliments dont le ménage a besoin et une dépendance accrue à l’égard du système de marché et des aliments transformés à des fins commerciales.

L’urbanisation est également un facteur déterminant dans les changements de régime alimentaire au sein des populations urbaines, car elle modifie l’offre et la distribution d’aliments ; ce qui affecte l’accessibilité et la disponibilité de la diversité alimentaire pour les citadins pauvres. En conséquence, les citadins pauvres achètent des aliments moins chers et moins sains qui réduisent la diversité alimentaire requise avec des risques sanitaires graves. Les villes souffrent alors d’un triple fardeau de malnutrition, car la sous-nutrition et les carences en micronutriments coexistent avec la suralimentation, y compris les maladies non transmissibles liées à l’alimentation, telles que l’hypertension et le diabète.

L’insécurité alimentaire et nutritionnelle en milieu urbain est également une source de préoccupation croissante au Bénin où, selon le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, en 2010, 43% de sa population vivait dans des zones urbaines. Ce nombre a augmenté rapidement pour atteindre 47% en 2018, ce qui représente un défi pour les administrations, avec une insécurité croissante de la situation alimentaire et nutritionnelle. Bien que près de 10% de la population béninoise, soit 1,1 million de personnes, soit touchée par l’insécurité alimentaire, la situation était plus alarmante dans les zones rurales que dans les zones urbaines. Dans ces milieux urbains, l’insécurité alimentaire s’aggrave rapidement en raison de la dégradation des conditions de vie, du manque de réseaux sociaux, et des promesses non tenues de meilleures conditions économiques. En effet, on estime que le taux de pauvreté dans les zones urbaines au Bénin est de 36%, ce qui correspond à une augmentation de 0,6 point entre 2011 et 2015, avec probablement la même tendance ces dernières années. Environ 7% des ménages urbains vivent dans une situation alimentaire critique et dans des conditions de vie qui se détériorent. En comparaison aux ménages ruraux pour lesquels différentes stratégies de gestion des pénuries alimentaires sont disponibles (jardin de case, banques alimentaires, etc.), les citadins pauvres ont peu ou pas d’options, notamment des possibilités limitées de cultiver des terres agricoles et un accès limité à des systèmes de sécurité sociale formels et informels. La situation de la pauvreté urbaine est particulièrement remarquable dans le sud du Bénin, où 60% de la population vit sur 17% du territoire national.

Dans ce contexte, ACED, la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université d’Abomey-Calavi (FSA/UAC) et le Amsterdam Centre for World Food Studies de l’Université libre d’Amsterdam (ACWFS/VU) ont mené des recherches approfondies sur les jardins communautaires, un type d’agriculture urbaine, et leurs impacts sur la sécurité alimentaire des citadins pauvres au Bénin. Le partenariat a largement impliqué les décideurs politiques, les praticiens et les jardiniers urbains du Bénin sur les avantages et les contraintes de l’agriculture urbaine. Il a également développé deux jardins communautaires pilotes dans deux grandes villes – Abomey-Calavi et Porto-Novo – où des citadins pauvres ont été sélectionnés et appuyés au jardinage pour améliorer leur sécurité alimentaire et leurs revenus. Parmi les autres résultats, la recherche a révélé que :

  • La plupart des citadins pauvres sont en insécurité alimentaire.
  • Le jardinage communautaire dans les zones urbaines est rentable et peut améliorer la sécurité alimentaire de ses participants .
  • Le manque de terre et l’insécurité foncière, le manque de capital financier et le faible engagement des pouvoirs publics sont les principaux obstacles au développement des jardins communautaires.

Pour rendre durable les activités du partenariat, les acteurs ont recommandé la création d’un Centre sur les Systèmes Alimentaires Urbains. Ce centre constituerait un hub de connaissances pour le jardinage urbain et les systèmes alimentaires qui produit des évidences basées sur des résultats de recherche pour montrer la faisabilité et la durabilité économique du jardinage urbain et des systèmes alimentaires, tester et développer des techniques de jardinage innovantes, maintenir un dialogue constructif avec les décideurs politiques locaux et nationaux pour promouvoir l’expansion du jardinage urbain et l’amélioration des systèmes alimentaires urbains, supporter la co-création et la mise en œuvre de solutions et intégrer le jardinage urbain dans le développement des politiques.

Qui sommes-nous ?

Le Centre sur les Systèmes Alimentaires Urbains est un hub de connaissances pour le jardinage urbain et les systèmes alimentaires qui produit des évidences basées sur des résultats de recherche pour :

  • Montrer la faisabilité et la durabilité économique du jardinage urbain et des systèmes alimentaires.
  • Tester et développer des techniques de jardinage innovantes.
  • Maintenir un dialogue constructif avec les décideurs politiques locaux et nationaux pour promouvoir l’expansion du jardinage urbain et l’amélioration des systèmes alimentaires urbains.
  • Supporter la co-création et la mise en œuvre de solutions.
  • Intégrer le jardinage urbain dans le développement des politiques.

Vision

Le Centre rêve d’un monde où les systèmes alimentaires urbains contribuent au bien-être de la société et de l’environnement.

Mission du centre

Le centre vise á créer et maintenir des systèmes alimentaires urbains durables qui fonctionnent pour tout le monde.

Objectifs

Les Objectifs du centre sont les suivants:

  • Faciliter la réflexion collaborative basée sur des évidences et la formulation de politiques alimentaires urbaines.
  • Cocréer et soutenir la mise en œuvre de solutions réalistes qui permettent de relever les défis de sécurité alimentaire urbaines.